France Cadet, le robot et l’art(ifice)

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Par ses installations multimédias, l’artiste française, scientifique de formation, met le public en relation directe avec les robots.

Qui ? Quittant la filière scientifique, France Cadet se tourne vers l’art pour explorer les possibilités de la robotique. Elle conçoit des installations et des dispositifs multimédias montrant la relation complexe et ambiguë entre le vivant et l’artificiel.

Quoi ? Les robots de France Cadet expérimentent des activités humaines et des plaisirs sociaux. A l’entrée de l’expo, un robot chat, assis devant un écran plat, regarde le film Le Monde de Nemo. Les évolutions du petit poisson suscitent parfois un geste, un miaulement. Une planche anatomique montre le squelette de l’animal. D’autres sérigraphies révèlent son système cardio-pulmonaire et digestif. Pour le découvrir, il suffit de gratter sa carapace robotique ou de lire le QRcode avec son Smartphone. Avec la nouvelle série de photos numériques et interactives Robot mon amour, France Cadet se met en scène sous l’apparence d’un gynoïde, mi-femme, mi-robot. En touchant ou en caressant certains de ces êtres hybrides, le spectateur peut provoquer un battement de coeur, un frisson ou le bruissement des ailes d’un papillon posé au creux d’une main.

Comment ? Elle utilise un robot chien du commerce, le Tiger & Silverlit, sur lequel elle pratique des actes de chirurgie électroniques, le reprogrammant afin de lui faire adopter des comportements singuliers pour un robot. Si elle aborde des thématiques sérieuses (le clonage, l’eugénisme, les expérimentations animales), France Cadet adopte un ton volontiers ironique.

Pourquoi ? « C’est à travers l’humour que s’opère le détournement. » Détournement de l’objet et du discours scientifique. Sans militer ni choquer, elle cherche à engager le débat avec le public par le jeu de l’interaction avec ses créatures.

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Par : Thierry Voisin
le : 19.02.2015

Source : Télérama
Titre original de l’article : « France Cadet, moitié femme , moitié robot. »
En savoir plus sur France Cadet : cyber-doll
Mise en page et commentaires de Lio de France pour Dollsexy

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Robot(e) mon amour

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« Qui est qui ?  » est une pièce de théâtre de 1986, pleine d’humour et de tendresse qui évoque plutôt bien les avantages et les inconvénients des (futurs) mannequins robots. A l’heure actuelle, ces humanoïdes ne sont certes pas tout à fait prêt à entrer dans les circuits de distribution du grand commerce pour des raisons de fiabilité, mais ils existent d’ors et déjà dans les laboratoires japonais et chinois.

Michel Roux, le metteur en scène de la pièce de boulevard, met bien en évidence le fait les humains projettent trop souvent leurs propres phantasme sur les robot(e)s  – le mot existe aussi au féminin – que de façon purement binaire, ils ne savent imaginer qu’en esclaves serviles ou à l’extrême opposé, en machines dominatrices, ou encore : en appareils à la conversation quelque peu empreinte de psittacisme et dotés de paroles au débit saccadé, tel celui que l’on prête volontiers aux personnes que l’on soupçonne d’être des génies.

Passant alternativement de l’admiration sans borne, à la crainte démesurée de ces artéfacts (du latin arte factus « fait avec art »), les humains en oublient que ce ne sont que des machines conçues par l’homme et qu’elles n’auront pas plus de fonctions que celles programmées par leur inventeur …humain. Maintenant, si elles vous tombaient dessus, par exemple depuis la mezzanine du premier étage, c’est que vous aurez certainement négligé de prendre en considération que la gravité énoncée par Newton s’applique aussi aux robot(e)s et qu’avant d’appuyer sur le bouton « on », faudrait-il encore avoir bien lu la notice d’utilisation qui à l’instar de celle d’un véhicule automobile, aura l’apparence d’un manuel assez épais, mais que malheureusement, on ne parcourra pas plus que celle de nos smartphone sur lesquels on se jette dessus, dès la sortie de leur emballage, faisant ainsi oeuvre de foi à notre seule intuition plutôt qu’à notre réflexion. Donc une estimation à minima du nombre de nos neurones disponibles à la compréhension.

En plus de son aspect charmant, le mannequin robot peut être aussi doté de fonctions sexuelles et mes amis sur FaceBook, n’hésitent pas à vilipender ma collaboration à une entreprise d’importation de mannequins (et non de « poupées », mot réservé aux enfants … mineurs). Pourtant ces humanoïdes de silicone, TPE ou autre polyuréthane sont aussi fortement plébiscités par des professions tout à fait respectables comme celle des photographes, des étalagistes de magasins de luxe, des fans de cette robotique dont on nous prédit qu’elle va envahir et révolutionner le monde des humains.

Comme David Vincent (Roy Thinnes) – l’architecte menant le combat contre les extraterrestres « au petit doigt raide » qui, sous une apparence humaine, infiltrent insidieusement la Terre afin de la coloniser dans Les Envahisseurs, (The Invaders), la série série télévisée de science-fiction américaine en 2 saisons de 43 épisodes de 48 minutes, créée par Larry Cohen et diffusée entre le 10 janvier 1967 et le 26 mars 1968 sur le réseau ABC, il y a donc bientôt 50 ans – les humains flippent comme des malades, dès qu’ils pensent à la très prochaine robotisation de la planète par des humanoïdes. Comme des schizophrènes, ils semblent atteint de cette maladie psychique grave, qui s’accompagne d’une perte du contact avec la réalité, de délires, ainsi que de modifications significatives du comportement, du langage et même de la pensée : les patients devenant souvent incapables de faire le distinguo entre leur propre perception et la réalité des évènements.

On reproche enfin à l’amateur de « mannequins d’amour » (love doll) d’être souvent par trop accros à leurs ersatz de silicone (si l’y conne l’y pas intelligente). Ces derniers reproduisent de façon quasi parfaite le corps humain dans son entier et donc aussi, dans ses parties … génitales ; soit autant de trous, « des p’tits trous, encor des p’tits trous » que tels Le Poinçonneur des Lilas du regretté Serge Gainsbourg, le véritable « mannequinomane » (mot forgé pour cet article) a toujours hâte de rejoindre au pieu, pour « vivre au cœur d’la planète » des mannequins hyper réalistes et avoir « dans la tête, un carnaval de confettis » qu’il amènera avec sa belle « jusque dans son lit. »

Mais même si cette utilisation, comme godemichet grandeur nature, de ces « bouts de plastique », semble réprouvée par la morale des trois « grandes » religions (sectes ?) monothéistes, elle n’est pas plus incongrue, ni ne représente un détournement plus contre nature que – par exemple – celle qui serait pratiquée par une épouse délaissée, ayant décidé dans sa cuisine, d’utiliser les concombres récemment acquis sur le marché aux légumes du mardi matin, à tout autre chose qu’à … confectionner des salades.

Enfin, bien qu’il soit facile de supputer que toutes les tâches qui seront confiées aux robot(e)s, pourront aisément alléger les tâches ménagères, artisanales, industrielles, professionnelles …etc, soit une décharge sur la machine des activités humaines dévalorisantes, dégradantes, ennuyeuses … elles sont systématiquement dénigrées par les partisans des thèses qui aiment menacer de la prédiction d’une explosion du chômage pour cause de concurrence homme-machine et des addictions de toutes natures (alcool, drogue … lissage de poireau) suite au désoeuvrement forcé du prolétariat. En fait; selon eux, les robot(e)s seraient les complices de la fainéantise et de ses plaies pour les mêmes raisons évoquées par ceux qui ne veulent pas du « revenu universel » qu’ils accusent des mêmes maux que ceux qu’ils prêtent à la « robotisation planétaire ».

 

 

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Film : 1986 – « Qui est qui ?  »
Mise en scène de : Michel Roux, d’après une idée de Jean Barbier.
Acteurs : Jean Lefebvre, Alain Lionel, Olivia Dutron, Muriel Montossey, Blanche Ravalec et Patrick Keller.
Source : YOUTUBE – ajouté le 30.01.2017
Commentaires et mise en page de : Lio de France pour Dollsexy.fr

‘Poupée sexuelle enfant’ retirée de la vente

Un modèle de poupée sexuelle « de la taille d’un enfant » a été retirée du catalogue des ventes d’un site Web chinois

creepy doll

drapeaugb CREEPY DOLL / OUTRAGE : The « Child-sized » sex doll that has been removed from the Chinese website’s listing. Disgusted by a child-size sex doll for sale on a Chinese e-commerce site, a group of Facebook activists have successfully campaigned to have it withdrawn from sale.

drapeaufrancais POUPÉE GLAUQUE / SCANDALE : la poupée sexuelle « de la taille d’un enfant » qui a été retirée du catalogue des ventes d’un site Web chinois. Dégoûté par une poupée sexuelle de taille d’un enfant qui était à vendre sur un site de commerce électronique chinois, un groupe d’activistes sur Facebook a fait campagne avec succès pour la faire retirer de la vente.

drapeaugb DH gate had already sold 57 of the sex dolls, which look like an Asian girl of about 8-10 years old, before international condemnation prompted the site’s operators to remove the listing.

drapeaufrancais DH Gate avait déjà vendu 57 de [ces] poupées sexuelles, qui ressemblaient à des petites filles asiatiques d’environ 8-10 ans, avant que la condamnation internationale n’ait incité les opérateurs du site à les enlever de leur catalogue.

drapeaugb Described as a « beautiful young girl sex doll for men, » an ad for the item boasted that the doll was « highly flexible », with « three holes available for use. »

drapeaufrancais Décrite comme « une belle [et] jeune poupée de sexe fille, pour hommes, » une annonce pour l’article vantait que la poupée était « fortement flexible », avec « disposition de trois trous pour utilisation. »

drapeaugb A price tag of US$178 has not deterred 57 customers from US, UK, Japan and Germany purchasing the creepy sex toys.

drapeaufrancais Un prix affiché à 178 $ US [167,47 €] n’a pas dissuadé 57 clients des États-Unis, du Royaume-Uni, du Japon et d’Allemagne d’acheter ces jouets sexuels glauques [pédophiles].

drapeaugb The campaign to ban the dolls was spearheaded by Dining With Dignity, who created a Social media blitz to drive awareness of the issue.

drapeaufrancais La campagne pour interdire les poupées a été menée par [le groupe Facebook] « Dîner Avec Dignité », qui a mené une guerre éclair médiatique  [et] sociale pour amener à la sensibilisation de [cette] question.

drapeaugb The outrage over the petite sex doll comes at the same time as it is revealed that police have arrested 348 suspects around the world in a child pornography investigation.

drapeaufrancais Le scandale de la poupée sexuelle enfantine arrive simultanément – comme [cela] a été  révélé – avec l’arrestation dans le monde entier, de 348 suspects par la police, lors d’une enquête de pédophilie.

drapeaugb Although some critics of the Dining with Dignity campaign claim that the doll is harmless and may even prevent abuse of real children, a longitudinal study of 341 convicted child molesters in America found that pornography’s use correlated significantly with their rate of sexually re-offending.

drapeaufrancais Bien que quelques [personnes] critiquant la campagne [médiatique] de « Dîner Avec Dignité » prétendent que la poupée est inoffensive et pourrait même empêcher l’abus de vrais enfants, une étude longitudinale de 341 violeurs d’enfants reconnus coupables en Amérique, a établi que le recours à [des moyens] pornographiques était significativement corrélée avec leur taux de récidive sexuelle.

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Commentaires de Dollsexy®

On ne peut qu’approuver la campagne médiatique du groupe Facebook « Diner Avec Dignité » qui a relevé un vrai scandale dans la vente des « poupées » qui possèdent des fonctions sexuelles.

Déjà l’expression « poupée sexuelle » est à bannir au profit de celle de « mannequin sexuel », car cette première évoque l’enfance ; aussi faut-il définitivement parler de « mannequin », vocable qui évoque la femme, certes jeune et attirante, mais sexuellement majeure.

Les mannequins à visage d’enfants et même ceux dont la taille évoquent celle des petits garçons ou des petites filles sont à prohiber. En effet, il me semble que ceux qui phantasment sur ces objets sexuels enfantins, ne tarderont pas à vouloir passer « à la vitesse supérieure » en s’essayant avec de vrais enfants.

Les créateurs, les fabricants, les sites marchands et les revendeurs se doivent d’adopter un code de déontologie très strict, vis à vis des mannequins représentant des enfants, et banir cette nouvelle forme de pédophilie ». Aux pouvoirs publics de ne pas se tromper de cible, de pénaliser fortement ces réseaux et ceux qui les fournissent directement ou indirectement et de ne pas les confondre avec les vrais professionnels du mannequin qui s’adressent à des utilisateurs adultes, avertis et consentants.

Lio de France.

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ParAMBER ROBINSON
Publié le / last updated : 19.11.2013 | 13:33
Titre original : ‘Child sex doll’ removed from sale.
Source : STUFF.CO.NZ
Commentaires :
Lio de France, rédactrice s/Dollsexy, Double Genre

Quid des robotes fellatrices ?

CES GENS BOIVENT TRANQUILLEMENT LEUR CAFÉ
PENDANT QUE DES ROBOTS LEUR FONT UNE FELLATION

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21559 Article :

{ Le projet de Bradley Charvet est si absurde qu’il est difficile d’y croire. Cet entrepreneur a décidé d’ouvrir une chaîne de cafés en Europe où les clients pourront recevoir une fellation tout en dégustant leur café, les Café Fellatio sont largement inspirés de certains établissements en Thaïlande. Et ce, pour la modique somme de 60 euros.

Les lois concernant la prostitution sont plus souples à Genève, en Suisse, où Bradley compte implanter son premier café de son concept olé olé. Les clients pourront commander un café avant de choisir la professionnelle qui leur fait envie grâce à un iPad. Ces cafés seront seulement ouverts aux hommes hétérosexuels, qu’ils aiment leur café noir ou avec un peu de lait.

Et de nombreux pays européens autoriseront ce type de cafés or, pour ceux ayant des lois plus strictes relativement à la prostitution, comme l’Angleterre, Bradley a dû être plus imaginatif. Il prévoit [d’] utiliser des « robots sexuels ».

Encore une fois, cette idée est inspirée par l’Asie. Grâce à ces robots, les propriétaires des établissements n’auront pas à se soucier de l’hygiène, des conditions de travail, des droits des hommes ou des paiements.

Déjà 8 robots sont prévus pour son café qui sera situé dans le quartier de Paddington, à Londres. Ceux-ci porteront des uniformes et des costumes divers et offriront des gâteries aux clients en échange d’argent. « Quoi de mieux qu’un café entre amis et d’une bonne fellation réalisée par un robot sexuel ? » dit Bradley.

Et si son café rencontre le succès, un second sera ouvert à Manchester. D’ici-là, il ouvrira son café de Genève en décembre 2016. }

Voir l'image sur Twitter

Commentaire de Lio de France pour Dollsexy.

– « Le projet de Bradley Charvet est si absurde qu’il est difficile d’y croire. »
> Non, ce projet (d’utiliser des robot(e)s) n’est pas absurde, car soyons réalistes francs : tous les mâles adorent « subir » une fellation. Tout juste peut-on penser que ce projet brise des tabous et serait un tantinet …. immoral, au regard des dogmes des religions monothéistes et de ceux du puritanisme républicain. 😉

– « Ces cafés seront seulement ouverts aux hommes hétérosexuels. »
> Avec l’utilisation de robot(e)s, Bradley n’enfreint pas les lois sur la prostitution, puisque les rapports sexuels qu’il commercialisent sont pratiqués avec un objet, un sex toy grandeur nature, mais non pas une personne humaine. Selon les dispositions du lieu (public ou privé) où se déroulerait les « prestations », pourrait-on seulement lui opposer les lois sur l’exibition. Par contre, le fait que ses établissements ne recevraient que des hétéros, relèverait de la pure et simple discrimination à l’égard des autres catégories (homosexuels, lesbiennes, … etc).

– « Grâce à ces robots, les propriétaires des établissements n’auront pas à se soucier de l’hygiène, des conditions de travail, des droits des hommes ou des paiements. »
> Ne pas se soucier de l’hygiène ? mais, honni soit qui mal y pense ! C’est précisément sur sur point que les services de l’administration concernée, pourraient faire fermer ce type d’établissement ! Donc des robots clean, voire – puisque tout est robotisé : auto-nettoyeurs ! comme les sanisettes.

– « Quoi de mieux qu’un café entre amis et d’une bonne fellation réalisée par un robot sexuel ? » dit Bradley.
> Soyons clair : il n’existe pas (encore) de véritables robots sexuels ! Dollsexy qui est sur le marché des poupées-mannequins en Silicone ou en TPE, le sait fort bien.

D’une part, les usines chinoises, japonaises, américaines et françaises, commercialisent certes déjà, des mannequins qui sont (à la demande) dotés d’orifices plutôt réussis et éventuellement destinés à satisfaire les propriétaires (homme ou femme) de ces dolls (poupées en anglais).

D’autre part, des ateliers de robotiques (voir vidéos sur ce site) élaborent des mannequins dotés de fonctions électroniques et reliés à des ordinateurs. Tout ces appareillages sont encore imparfaits et encombrants et ne sont pas dirigés vers la satisfaction sexuelle de leurs futurs propriétaires, mais vers des fonctions cognitives, comme renseigner un prospect, délivrer une clef de chambre d’hôtel ou tenir une conversation selon une programmation plus ou moins élaborée.

C’est d’ailleurs dans cette direction que CIGP/Dollsexy s’oriente, afin de fournir des humanoïdes fiables pour des tâches répétitives et/ou ennuyeuses. Cela créera t-il du chômage ? Oui, dans l’immédiat, mais rapidement, après que ces travaux auront été confiés aux robots, les « remplacés » pourront se former à la programmation de leurs « remplaçants », ce qui leur permettra de développer leurs talents d’organisateurs et de les libérer d’une foultitude d’activités dévalorisantes. Maintenant, si les clients veulent en plus astiquer leur outil de travail – comme disaient les Inconnus, dans un de leur célèbre sketch : « cela ne nous regarde pas ! »

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Par : Ayoye.com
Commentaires : Lio de France (atriumcenter@yandex.com)
Source : AYOYE.COM
Première parution le : 10.2016

Faire l’amour à une doll est-il inévitable ?

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De plus en plus de chercheurs s’accordent à dire que la relation sexuelle avec un robot devrait constituer un nouveau phénomène de société d’ici cinq ans. L’un d’entre eux, David Levy, estime même qu’avec le développement des logiciels de simulation de personnalité, l’état du Massachusetts pourrait légaliser le mariage humain robot en 2050. Quand la réalité rejoint la (science)-fiction…

Ce qu’il faut en retenir, c’est que même si l’intelligence artificielle peut dépasser les facultés humaines sur certains points comme le calcul, « l’affect » poursuivi par ses promoteurs ne sera jamais plus qu’une tentative de reproduire le plus fidèlement possible les comportements humains.

Mais que se passerait-il si cette simulation devenait si ressemblante, que vous pourriez en tomber amoureux ? C’est la question à laquelle essaie de répondre David Levy, à l’Université de Maastricht. Le chercheur a en effet repris les raisons pour lesquelles les gens tombent amoureux, définies par les psychanalystes. A partir de là, il explique que « la plupart d’entre elles peuvent être appliquées aux relations humain-robot. Par exemple, une chose qui pousse les gens à tomber amoureux sont les similarités avec la personnalité et le savoir, et ces deux traits sont programmables. Une autre raison est que les gens tombent plus facilement amoureux des personnes qui leur ressemblent, ce qui est aussi programmable ».

Bien sûr, on est encore loin d’y arriver mais il suffit de considérer le succès de robots pouvant susciter l’affection de son propriétaire, comme les Tamagotchis ou le robot chien Aibo de Sony, pour se rendre compte que l’idée défendue par Levy n’est pas aussi saugrenue qu’elle en a l’air. Dès lors, le chercheur estime qu’avec des robots qui prendront un aspect de plus en plus humain, beaucoup de gens pourront en tomber amoureux, coucher avec, et même se marier. « Ca a l’air un peu bizarre, mais ça ne l’est pas » explique-t-il dans sa thèse. « L’amour et le sexe avec les robots sont inévitables ».

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Déjà l’année dernière Henrik Christensen, fondateur du réseau européen de recherche en robotique, prévoyait l’arrivée du sexe avec les robots dans cinq ans. Levy, qui s’accorde sur cette estimation, va même plus loin que son homologue. Avec l’apparition de logiciels qui permettent de mieux simuler une personnalité chez un robot, le mariage pourrait être légalisé dès 2050 dans le Massachusetts, un état à la juridiction plus libérale que le reste des Etats-Unis qui avait déjà été précurseur pour le mariage gay.

« Si vous me demandez si tous les humains voudront se marier avec un robot, ma réponse est sûrement que non » explique Ronald Arkin, un chercheur du Georgia Institute of Technology à Atlanta qui ne croit pas à la légalisation du mariage prédite par Levy. « Mais y aura-t-il une minorité ? Il y a déjà des gens prêts à se marier avec des objets sexuels« .

De là, les scientifiques se laissent imaginer toutes sortes de scénario. Pour Levy, il s’agirait surtout de remplacer le « chéri, pas ce soir, j’ai une migraine » par « chéri, j’ai une migraine, pourquoi ne pas utiliser ton robot ? » Arkin, lui, voit plutôt les possibles répercutions la prostitution humaine, voire de la pédophilie. « Si vous autorisez un pédophile à utiliser un robot enfant, cela réduira-t-il les abus sur des enfants réels ou l’augmentera ? Je ne pense pas que quelqu’un ait une réponse à ça ; c’est là où les futures recherches devront se pencher ».

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Par : 
Publié le : 16.10.2007
Titre original : L’amour et le sexe avec les robots sont inévitables ?
Source : Numerama.com / Magazine.
Mise en page : Lio de France, blogueuse s/ Double Genre / LeMeilleurWeb.
Publié sur Dollsexy le : 05..02;2017

Les loves Dolls ont-elles une âme ?

Entretien avec Agnès Giard, qui a enquêté dix ans sur les love dolls, ces poupées de silicone [ou TPE, Ndle] venues du Japon qui servent à la fois de sextoys, de compagnes et de miroirs à fantasmes.

Les love dolls, ces poupées d’amour qu’on peut pénétrer, enlacer ou installer sur un siège, fascinent Agnès Giard. Anthropologue et créatrice du blog « Les 400 Culs », elle connaît bien le Japon et vient d’écrire aux Belles Lettres un passionnant ouvrage sur la question.

Sans juger, elle se demande ce qui se joue dans la relation avec ces poupées, en interviewant des fabricants et des clients. Dans un monde où on nous annonce régulièrement l’arrivée de robots qui remplaceraient les hommes, son enquête permet de comprendre un peu mieux les relations qu’on peut tisser avec des objets techniques.

Rue89 : En quoi les «  love dolls  » sont plus qu’un sextoy élaboré  ?

Agnès Giard : Comme son nom l’indique, «  poupée d’amour  », les love dolls sont des objets qui ont vocation à être une partenaire sexuelle et / ou sentimentale. Dès le départ, les concepteurs se sont placés sur le marché du sextoy, mais en impliquant l’émotionnel et l’affectif. Beaucoup d’utilisateurs se définissent d’ailleurs comme «  non-pratiquants  », c’est-à-dire qu’ils affirment entretenir uniquement des relations platoniques avec leur poupée.

Vous dites qu’il ne se vend que quelques milliers de love dolls par an, c’est très peu. Pourquoi y consacrer toute une thèse ? (1)

Oui, il y a 13,6 millions de célibataires au Japon, mais il ne se vend que 3 000 poupées maximum par an… Mais c’est un sujet passionnant, qui croise l’amour et la sexualité, deux thèmes qui m’intéressent, avec le fait religieux et la question de l’âme.

Car la plupart de mes interlocuteurs m’ont dit d’emblée qu’ils considéraient les love dolls comme des produits animés, des véhicules possibles pour une âme. Les fabricants disent ainsi qu’ils s’efforcent de créer des formes idéales pour que l’utilisateur puisse y mettre une âme, s’il le désire.

Sakuragi Shino. Corps : Yasuragi (taille 147 cm, poids 26,5 kg, P83/ T63 /H90)

Sakuragi Shino. Corps : Yasuragi (taille 147 cm) – © Orient Industry

Toute la relation avec la poupée est faite d’une double position  : d’un côté les utilisateurs savent que c’est un objet, mais de l’autre ils pensent qu’elle a une forme d’âme. Les poupées sont, dites-vous, «  des boîtes de résonance  » pour nos affects. Comment ça s’opère ? Comment les clients se mettent à traiter leurs poupées comme des êtres possédant une certaine vie  ?

C’est d’abord une rhétorique marketing, qui consiste à vendre un produit comme une jeune fille à marier. Ainsi, on utilise un vocabulaire très particulier  : on ne parle pas d’achat mais de «  mariage  », on ne dit pas «  renvoi du colis à l’usine » mais «  retour à la maison natale ».

La poupée est désignée comme une «  jeune fille  » ou un «  enfant mise en nourrice  »  : un cœur à prendre, un être à protéger. Et quand le client ouvre son colis, il découvre, en surprise …[des objets livrés] avec la poupée.

Justement, la poupée arrive chez les clients en pièces détachées. Les clients doivent la monter. Comment arrivent-ils à doter cet objet qu’ils ont assemblé d’une âme  ?

C’est un processus assez semblable à celui des statues bouddhistes. Il existe une procédure appelée «  l’ouverture des yeux  », qui se déroule dans le temple où la statue a été installée et qui est nécessaire pour qu’on considère que la statue est habitée par l’esprit de Bouddha.

C’est un peu ce que reproduisent les clients  : ils accueillent la poupée chez eux et lui ouvrent les yeux. Cela leur demande d’être actifs. Et ils racontent ce moment sur leur blogs.

Dès qu’un client achète une poupée, il crée un blog qui lui est consacré et va participer à la mise en vie et à l’animation de la poupée. Il décrit l’attente du colis puis toutes les étapes du déballage, photos à l’appui  : le carton fermé, le déballage, puis l’ouverture du carton où se trouve la tête, enveloppée de papier bulle…

Le moment de l’échange de regards avec la poupée, qui peut se faire dès que la tête sort du carton ou quand elle est ajustée au corps, est toujours décrit en termes lyriques, avec une émotion et une joie délibérément exagérées. Il faut montrer à la poupée qu’on est heureux qu’elle soit là, comme on ferait un accueil exceptionnel à quelqu’un dont on attend des bonnes choses. C’est à ce moment-là que la poupée devient vivante.

En même temps, vous dites que les utilisateurs gardent souvent la boîte de leur poupée, dans laquelle ils la renverront à l’entreprise. Dès le début, ils prévoient que sa vie est limitée…

Pour lui donner vie il faut lui donner mort. Il faut l’inscrire dans un cycle temporel et prévoir la fin possible d ’une relation. Mettre en scène ce deuil amoureux participe de l’excitation et de la puissance de la poupée. Car celle-ci présente tout de même un énorme désavantage  : elle est inerte, elle ne bouge pas.
Inévitablement, au bout d’un moment on s’en fatigue. Certains arrivent à repousser l’échéance pendant 15 ou 20 ans – mais ils sont rares. (2)

Natsuki, corps A.I.Doll Evolution (taille 164 cm, poids 31 kg, P90/ T64/ H94)

Natsuki, corps A.I.Doll Evolution (taille 164 cm, poids 31 kg, P90/ T64/ H94) – © 4Woods

Pourquoi les utilisateurs des love dolls créent-ils des blogs  ?

On accuse beaucoup les utilisateurs des poupées d’être des frustrés confinés dans une solitude et un lien avec le non-être, qui les renvoie à leur nullité sociale.

Or, la poupée est moteur d’une dynamique d’insertion dans une communauté  : des liens s’établissent entre les propriétaires de poupées, ils se rencontrent «  dans la vraie vie  », organisent des soirées, nouent des amitiés…

Les poupées intéressent surtout les otakus, un segment de la population bien précis. Ils ne correspondent pas aux critères de réussite sociale au Japon, qui sont d’épouser une femme et de lui faire un enfant, ce qui suppose d’avoir un revenu suffisant. Or, il y a une partie de la population qui n’arrive pas ou n’a pas envie de reproduire un ordre social qui ne fonctionne plus très bien, surtout depuis la crise économique de 2008.

A rebours de leurs parents, les otakus font le choix de vivre dans un univers de jeux, gratuit, coupé de toute préoccupation matérielle, de l’impératif de croissance. Et en choisissant une poupée, soit une créature stérile, ils choisissent une forme d’amour qui ne se situe plus du côté de la reproduction mais de l’érotisme. Ils ne veulent ni produire ni se reproduire.

Vous racontez qu’Internet a aidé à décomplexer ce discours sur les poupées…

La plupart des fabricants me disent qu’on est passé de l’ère des sex-shops honteux fréquentés par des petits papys pervers à l’ère de la vente en ligne anonyme, avec plein de jeunes qui s’éclatent à mettre en scène anonymement leur vie avec la poupée, à comparer leurs poupées et à se donner des astuces sur des sites spécialisés. Comme, par exemple  : comment acheter des vêtements pour une poupée qui a une taille de petite fille sans passer pour un pervers.

Tte AYJ3, corps MBA-1108LS (taille 102 cm, poids 11,2 kg)

Tête AYJ3, corps MBA-1108LS (taille 102 cm, poids 11,2 kg) – © Trottla

Justement plusieurs de ces poupées ont l’apparence de filles très jeunes, prépubères. D’autres ont l’air bête, un peu vide, passif et pas menaçant. A quoi ça tient  ? Est-ce que c’est un retour du refoulé pédophile, une réaction à la montée de l’émancipation des femmes ?

De façon très symptomatique, chaque fois que le pouvoir de la femme augmente, il y a toute une fantasmatique qui se développe de la femme faible, inexpérimentée, des demoiselles en détresse. En France, dans les années folles, on a vu se multiplier les romans mettant en scène des jeunes filles flagellées… Il y a une compensation dans l’imaginaire d’une situation où le rapport de pouvoir s’inverse.

En ce qui concerne les très jeunes filles c’est différent. Dans cette configuration particulière de la minorité des otakus, il existe une fascination pour les Lolita. Eux qui refusent l’ordre aiment le désordre et être dans l’immoral au lieu du moral. Etant des enfants, eux désirent des partenaires à leur image.

Par ailleurs, je me suis aperçue que les propriétaires avaient, avec leurs poupées, presque un rapport de travestissement. Ils utilisent la poupée pour vivre des vies par procuration. Et quand ils lui achètent des vêtements, des bijoux, du maquillage, on peut se demander si, au lieu d’indexer ça forcément du côté de la pédophilie, il n’y a pas une forme de bisexualité à l’œuvre. [ou de transsexualisme par procuration, Nde]

Cela dit c’est vrai que c’est une question qui m’a beaucoup troublée. J’ai demandé aux fabricants pourquoi ils mettaient en scène des enfants très jeunes  ? Eux répondent souvent que c’est parce que la poupée évoque par essence, quelque chose d’impossible. Et plus la poupée est jeune, plus la relation est impossible. Les femmes ou les jeunes filles sont encore dans le réalisme. Mais avec une fille très jeune, on est véritablement dans univers totalement fictif, un univers parallèle.

Karen Gray, aux yeux polaires, cre en 2010

Karen Gray, aux yeux polaires, créée en 2010 – © Level-D

Ce qui est troublant c’est que la poupée est pourtant un objet technique, de silicone, de titane, etc. Comment ses fabricants conçoivent-ils avec des technologies, des méthodes si froides, des objets qui deviennent des supports à fantasme ?

C’est très simple  : ils n’essaient pas de faire réaliste. Le visage est soigneusement conçu pour avoir l’air irréel. Par exemple, les yeux des poupées sont légèrement plus écartés que ceux des humains, pour qu’elles donnent l’impression d’être atteintes de trisomie 18. La pupille des yeux est agrandie, comme celle des animaux, et la focale de ces yeux est fixée à 3 à 5 mètres, un peu comme les statues bouddhiques, pour qu’on ne puisse jamais croiser son regard. Face à une poupée, on est un peu comme face à un fantôme, quelque chose qui est inconscient des réalités qui l’entourent.

Mais puisqu’elle est immobile, ce sera à l’utilisateur de faire le travail d’imagination qui permet à la poupée de prendre vie. Et on touche là à quelque chose de très important dans la culture japonaise.

Aux Etats-Unis, par exemple, on va chercher à faire Godzilla en 3D. Mais au Japon, la 3D ne prend pas  : on fait Godzilla avec un costume en caoutchouc. Les spectateurs voient bien que c’est un acteur en combinaison – mais justement, ils veulent voir les ficelles. ll y a beaucoup plus de charme à se laisser prendre au piège d’une illusion mentale et spirituelle qu’à être pris au piège d’une illusion sensorielle.

C’est très différent de ce qu’on s’imagine du Japon comme un pays qui adorerait les robots, où ceux-ci feraient déjà quasiment partie de la culture…

Au Japon, les gens ne croient pas aux robots ! Pour eux les robots sont monstrueux car ils bougent de façon saccadée. Pour eux les poupées immobiles sont technologiquement supérieures au robot ou à l’automate. Les fabricants de poupée me disent  : on veut créer des objets suscitant l’empathie et pour ça ils doivent être immobiles. Ce n’est pas l’objet qui doit bouger, c’est le soleil sur son visage, les ombres. Il faut que ce soit le monde entier qui bouge autour d’elle, qu’elle soit le centre du cosmos.

Comment votre recherche sur les love dolls peut aider à penser notre rapport aux robots  ?

En Occident, on entend beaucoup de choses pour savoir s’il faut autoriser les robots sexuels, s’il faut bannir l’usage de certains robots qui pourraient être programmés pour simuler le viol, au prétexte que ça pourrait encourager les humains à ne plus faire la différence avec la réalité.

Au Japon, ce débat n’existe pas  ! Les gens comprennent bien que c’est une représentation, une image, mais que la réalité c’est autre chose.

Au Japon, les gens font bien la différence entre le jeu et la réalité, il n’y a pas de débat public pour se demander si les jeux vidéos violents poussent les gens à être violents.

Avec la love doll, tous les jeux sont autorisés y compris les jeux sadiques. Mais cela ne les inquiète pas, car cela reste dans le domaine du jeu.

Portrait de No (corps AI doll EX)

Portrait de Néo (corps AI doll EX) – © 4Woods

Les love dolls montrent aussi que l’idée occidentale que des poupées ou des robots pourraient remplacer l’humain est vraiment un fantasme…

Au Japon, les bordels de poupées ont d’abord eu un succès phénoménal. Mais les clients n’étaient pas des otakus  : c’était des curieux qui voulaient essayer. Mais ils ne recommençaient pas. Ça été un effet de mode bref et suivi d’une désaffection générale. Pourquoi  ? Parce que la poupée est incapable de fidéliser un client  : il faut avoir un état d’esprit très particulier pour trouver de l’intérêt à une poupée.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la poupée ne peut pas plaire à tout le monde. Il ne suffit pas d’être un homme hétérosexuel en manque pour s’intéresser aux poupées.
La plupart de ces hommes s’intéressent à de vraies femmes  : qui peuvent parler, bouger, ont des envies, qui mouillent…(3)

Les gens qui s’intéressent aux poupées ne veulent pas de vraies femmes  ! Ils veulent quelque chose qui ne parle pas, ne bouge pas, n’a pas de désirs ou d’attentes.

Tout le monde a cru que la poupée serait un objet de substitution. C’est d’ailleurs le discours des firmes, qui présentaient les poupées comme un remplacement pour une épouse décédée ou une petite copine partie… Mais ce n’est pas du tout la réalité du terrain. Les gens qui achètent des poupées et les gardent, aiment les poupées en tant que poupées, et pas comme objets de substitution.

C’est un jeu. Et comme dans tout jeu, il faut le faire au premier degré – sans quoi on détruit le jeu. Le jeu avec la poupée consiste à faire comme si la poupée avait une pensée, une vie propre. Plus on fait semblant d’y croire, plus ça aura du charme et ce sera efficace. Si on pense que la poupée vous aime, réellement on sentira sa chaleur. C’est ce que beaucoup d’utilisateurs disent  : « Je l’ai vue bouger, je l’ai entendue parler, j’ai senti sa chaleur… »

Et est-ce que ça ne peut exister qu’au Japon  ?

Non. Les poupées ont énormément de succès en Occident. Les utilisateurs occidentaux les aiment avec la même ferveur que les Japonais. On a tous cette capacité de succomber aux charmes d’une représentation humaine.

Au-delà de ça, les pressions sociales qui créent les otakus existent aussi en Occident. Notre société est aussi une société qui nous demande sans cesse de faire nos preuves, qui nous somme sans cesse de montrer que notre existence est légitime.

Pour ceux que cela épuise, qui craquent, il peut être tentant de se réfugier dans un monde imaginaire, en Occident aussi. La poupée peut s’offrir comme une forme de salut pour des personnes qui vont se mettre un peu en retrait, essayer de se définir autrement, pas par la compétence, la performance… Il y a des gens qui ont besoin d’être autre chose que ça… et on les comprend.

Notre culture valorise uniquement la raison, la pleine conscience, le statut de sujet autonome, fort et puissant et qui jamais ne se laisse réduire à l’état d’objet. De temps en temps, se poser et arrêter de bouger, ça fait du bien. Et les objets peuvent aussi nous y aider.

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Commentaires de Lio de France :

(1) Agnès/Claire : « Vous dites qu’il ne se vend que quelques milliers de love dolls par an. »

> Lio : Hum, hum. Réonse façon et voix de Coluche ; « Ouiiii, j’ai une poupée avec un sexe (masculin, féminin ou transgenre), mais je ne ferais que le regarder ? » 🙂  🙂  🙂

(2) Agnès/Claire : « Inévitablement, au bout d’un moment on s’en fatigue. Certains arrivent à repousser l’échéance pendant 15 ou 20 ans – mais ils sont rares. »

> Lio : A moins de les enfermer dans des vitrines de verre ou de plexiglass, les poupées sont assez fragiles et un fabricant chinois notifie à ses clients, une durée de vie de 3 à 5 ans selon l’usage. Ce ne seraient donc pas que les propriétaires qui se lasseraient, mais les poupées qui « craqueraient » avant : Un peu comme dans la vraie vie, où dans le couple, ce sont en majorité les femmes qui demandent le divorce 😉

(3) Agnès/Claire : « Les gens qui s’intéressent aux poupées ne veulent pas de vraies femmes  ! Ils veulent quelque chose qui ne parle pas, ne bouge pas, n’a pas de désirs ou d’attentes. »

>Lio : les fabricants ne sont sûrement pas d’accord avec cela, puisqu’ils livrent désormais des poupées qui gémissent et des prototypes (Chine, Japon) parlent déjà et bougent de façon certes limitée, voire saccadée, mais la technologie évolue chaque jour. Quant à avoir des désirs ou des attentes, il suffira de les programmer sur leur ordinateur incorporé. EN attendant, pour pouvoir profiter de leur dolls, les propriétaires doivent les laver, les poudre, les désinfecter, enlever les tâches éventuelles et les soigner soit eux-même, soit dans une clinique de poupée mono ou multimarque.

VIDEO (2’30) : Défilé de photos de différents modèles de dolls.

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