Robot(e) mon amour

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« Qui est qui ?  » est une pièce de théâtre de 1986, pleine d’humour et de tendresse qui évoque plutôt bien les avantages et les inconvénients des (futurs) mannequins robots. A l’heure actuelle, ces humanoïdes ne sont certes pas tout à fait prêt à entrer dans les circuits de distribution du grand commerce pour des raisons de fiabilité, mais ils existent d’ors et déjà dans les laboratoires japonais et chinois.

Michel Roux, le metteur en scène de la pièce de boulevard, met bien en évidence le fait les humains projettent trop souvent leurs propres phantasme sur les robot(e)s  – le mot existe aussi au féminin – que de façon purement binaire, ils ne savent imaginer qu’en esclaves serviles ou à l’extrême opposé, en machines dominatrices, ou encore : en appareils à la conversation quelque peu empreinte de psittacisme et dotés de paroles au débit saccadé, tel celui que l’on prête volontiers aux personnes que l’on soupçonne d’être des génies.

Passant alternativement de l’admiration sans borne, à la crainte démesurée de ces artéfacts (du latin arte factus « fait avec art »), les humains en oublient que ce ne sont que des machines conçues par l’homme et qu’elles n’auront pas plus de fonctions que celles programmées par leur inventeur …humain. Maintenant, si elles vous tombaient dessus, par exemple depuis la mezzanine du premier étage, c’est que vous aurez certainement négligé de prendre en considération que la gravité énoncée par Newton s’applique aussi aux robot(e)s et qu’avant d’appuyer sur le bouton « on », faudrait-il encore avoir bien lu la notice d’utilisation qui à l’instar de celle d’un véhicule automobile, aura l’apparence d’un manuel assez épais, mais que malheureusement, on ne parcourra pas plus que celle de nos smartphone sur lesquels on se jette dessus, dès la sortie de leur emballage, faisant ainsi oeuvre de foi à notre seule intuition plutôt qu’à notre réflexion. Donc une estimation à minima du nombre de nos neurones disponibles à la compréhension.

En plus de son aspect charmant, le mannequin robot peut être aussi doté de fonctions sexuelles et mes amis sur FaceBook, n’hésitent pas à vilipender ma collaboration à une entreprise d’importation de mannequins (et non de « poupées », mot réservé aux enfants … mineurs). Pourtant ces humanoïdes de silicone, TPE ou autre polyuréthane sont aussi fortement plébiscités par des professions tout à fait respectables comme celle des photographes, des étalagistes de magasins de luxe, des fans de cette robotique dont on nous prédit qu’elle va envahir et révolutionner le monde des humains.

Comme David Vincent (Roy Thinnes) – l’architecte menant le combat contre les extraterrestres « au petit doigt raide » qui, sous une apparence humaine, infiltrent insidieusement la Terre afin de la coloniser dans Les Envahisseurs, (The Invaders), la série série télévisée de science-fiction américaine en 2 saisons de 43 épisodes de 48 minutes, créée par Larry Cohen et diffusée entre le 10 janvier 1967 et le 26 mars 1968 sur le réseau ABC, il y a donc bientôt 50 ans – les humains flippent comme des malades, dès qu’ils pensent à la très prochaine robotisation de la planète par des humanoïdes. Comme des schizophrènes, ils semblent atteint de cette maladie psychique grave, qui s’accompagne d’une perte du contact avec la réalité, de délires, ainsi que de modifications significatives du comportement, du langage et même de la pensée : les patients devenant souvent incapables de faire le distinguo entre leur propre perception et la réalité des évènements.

On reproche enfin à l’amateur de « mannequins d’amour » (love doll) d’être souvent par trop accros à leurs ersatz de silicone (si l’y conne l’y pas intelligente). Ces derniers reproduisent de façon quasi parfaite le corps humain dans son entier et donc aussi, dans ses parties … génitales ; soit autant de trous, « des p’tits trous, encor des p’tits trous » que tels Le Poinçonneur des Lilas du regretté Serge Gainsbourg, le véritable « mannequinomane » (mot forgé pour cet article) a toujours hâte de rejoindre au pieu, pour « vivre au cœur d’la planète » des mannequins hyper réalistes et avoir « dans la tête, un carnaval de confettis » qu’il amènera avec sa belle « jusque dans son lit. »

Mais même si cette utilisation, comme godemichet grandeur nature, de ces « bouts de plastique », semble réprouvée par la morale des trois « grandes » religions (sectes ?) monothéistes, elle n’est pas plus incongrue, ni ne représente un détournement plus contre nature que – par exemple – celle qui serait pratiquée par une épouse délaissée, ayant décidé dans sa cuisine, d’utiliser les concombres récemment acquis sur le marché aux légumes du mardi matin, à tout autre chose qu’à … confectionner des salades.

Enfin, bien qu’il soit facile de supputer que toutes les tâches qui seront confiées aux robot(e)s, pourront aisément alléger les tâches ménagères, artisanales, industrielles, professionnelles …etc, soit une décharge sur la machine des activités humaines dévalorisantes, dégradantes, ennuyeuses … elles sont systématiquement dénigrées par les partisans des thèses qui aiment menacer de la prédiction d’une explosion du chômage pour cause de concurrence homme-machine et des addictions de toutes natures (alcool, drogue … lissage de poireau) suite au désoeuvrement forcé du prolétariat. En fait; selon eux, les robot(e)s seraient les complices de la fainéantise et de ses plaies pour les mêmes raisons évoquées par ceux qui ne veulent pas du « revenu universel » qu’ils accusent des mêmes maux que ceux qu’ils prêtent à la « robotisation planétaire ».

 

 

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Film : 1986 – « Qui est qui ?  »
Mise en scène de : Michel Roux, d’après une idée de Jean Barbier.
Acteurs : Jean Lefebvre, Alain Lionel, Olivia Dutron, Muriel Montossey, Blanche Ravalec et Patrick Keller.
Source : YOUTUBE – ajouté le 30.01.2017
Commentaires et mise en page de : Lio de France pour Dollsexy.fr

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Non aux poupées espionnes !

  • AVANT PROPOS : après (notre article sur) les poupées sexuelles à visage et taille d’enfants, voici un nouveau scandale qui vient ternir le marché des mannequins pour adultes. Dollsexy.fr condamne vigoureusement ces pratiques pour augurer d’un marché du mannequin serein.
"Mon amie Cayla", cette poupée qui peut se transformer en espionne
La poupée « Mon amie Cayla » et le robot « i-Que » ont des failles de sécurité.@ Capture d’écran UFC-Que Choisir
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L’association de consommateurs relaye une étude norvégienne qui pointe du doigt les lacunes de sécurité d’une poupée et d’un robot connectés.

A l’approche de Noël, les enfants ont préparé leur liste de cadeaux. Certains y ont peut-être inscrit la poupée connectée « Mon amie Cayla » et le robot connecté « i-Que ». Mais ces jouets pourraient bien présenter des « lacunes quant à la sécurité et la protection des données personnelles des enfants utilisateurs », alerte l’UFC-Que Choisir.

Parler avec ses jouets. L’association se base sur une étude de son homologue norvégienne Forbrukerradet qui indique que Cayla et i-Que « ne garantissent pas le respect de la vie privée et de la sécurité des données personnelles de vos enfants ». Les jouets fonctionnent en duo avec une application mobile, via une connexion Bluetooth avec le téléphone. Ainsi, l’enfant peut « parler » à sa poupée ou son robot et obtenir une réponse adaptée. Problème, la technologie Bluetooth est trop simple.

Des espions sous le sapin. En effet, aucun code d’accès ou procédure d’association n’est requis entre le jouet et le téléphone et le Bluetooth – qui porte le nom du jouet – est facilement repérable. De fait, le propriétaire n’est pas le seul à pouvoir se connecter au jouet. Résultat, n’importe qui présent dans un rayon de vingt mètres peut accéder aux conversation de l’enfant avec Cayla ou i-Que. Pire, un bidouilleur assez doué pourrait prendre le contrôle du jouet et parler à l’enfant à travers lui, affirme UFC-Que Choisir, vidéo à l’appui.

Données collectées. Autre faille qui inquiète l’association de consommateur : le fabricant Toy Quest se réserve le droit, sans consentement explicite, de collecter les données vocale enregistrées par les jouets connectés. « Ces données peuvent ensuite être transmises, notamment à des fins commerciales, à des tiers non identifiés. Les données sont aussi transférées hors de l’Union européenne, sans le consentement des parents », s’inquiète UFC-Que Choisir.

Matraquage publicitaire. Enfin, l’étude norvégienne montre que Cayla et i-Que répètent régulièrement des phrases préprogrammées faisant référence « notamment des produits Disney ou des références aux dessins animés de Nickelodeon ». Un procédé qui s’apparente à un matraquage publicitaire déguisé. Là encore, les conditions contractuelles stipulent qu’il n’y a pas besoin de l’accord des parents pour diffuser les phrases promotionnelles. UFC-Que Choisir a saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

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Vidéo 2 – autre fabricant de jouet proposant une poupée dite espionne :

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Article paru le : 07.12.2016 à 08:27 | modifié à : 09:05
Publié par : Europe1.fr
Titre original : « Mon amie Cayla », cette poupée qui peut se transformer en espionne.
Commentaires et mise en page : Lio de France / Dollsexy.fr

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Manifestations anti espionnage :  Linky d’Enedis