Ehpad, des pensionnaires parlent à des robots

robotparo

Lancement d’une étude sur Paro, le robot phoque qui aide les malades d’Alzheimer. Le robot Paro est testé en ce moment à la résidence Bellevue, à Saint-Étienne.

Pour la première fois en France, une étude de grande envergure est menée sur l’intérêt du robot thérapeutique Paro auprès des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Elle a commencé en septembre dans onze Ehpad de Loire et Haute-Loire, et va durer 18 mois.

En apparence, c’est un gros phoque blanc en peluche. Mais, Paro, c’est le nom de cet animal de 2,5 kilos, est un peu plus qu’un jouet. Il est doté d’une intelligence artificielle, de treize capteurs et de trois micros qui lui permettent d’interagir avec ceux qui le manipulent.

Un outil thérapeutique à 6400 euros

Ce robot, créé en 1993 au Japon, est utilisé aujourd’hui comme outil thérapeutique dans onze Ehpad de la Mutualité française, dans la Loire et la Haute-Loire. Mais, jusqu’ici aucune recherche de grande ampleur n’a été menée sur les effets à long terme de Paro sur les résidents atteints de maladies neurodégénératives de type Alzheimer .

Ce qui a poussé la Mutualité française à conduire une étude scientifique jusqu’au printemps 2018 dans ses 11 établissements de Loire et de Haute-Loire pour personnes dépendantes. L’objectif est simple : étudier l’impact du robot sur les personnes âgées, et voir si au-delà de l’effet nouveauté, investir 6 400 euros sur cette machine est vraiment utile.

Pour beaucoup de professionnels de santé, la réponse est oui. Paro apporte déjà beaucoup d’un point de vue social et médical.

Bon pour la communication et la gestion de la douleur

En deux mois d’utilisation, Annie Fernandes, aide-soignante à la résidence Bellevue de Saint-Étienne, a vu certains comportements changer. Comme chez Emma, cette résidente de plus de 90 ans, malentendante et « qui avait tendance à s’isoler dans son coin ». Depuis l’arrivée du robot, « ça la réveille, ça la remet en contact avec le monde qui l’entoure ». « Dès qu’elle l’a, elle communique beaucoup avec nous et les autres résidents. »

« Certaines personnes s’apaisent avec Paro », [dit] Fabienne Parssegny, docteur de la résidence Bellevue.

Mais Paro est aussi utile pour la gestion de la douleur. « On avait une dame qui était très douloureuse, en fin de vie », explique le docteur Marie-Christine Diana. « Et avec Paro, elle était vraiment calme, apaisée. Elle parlait à Paro, le caressait et ne pensait plus à sa douleur. »

Refus de parler à un robot

Un succès qui a tout de même quelques limites. Sur les 14 résidents de l’Ehpad Bellevue avec qui le robot est testé, deux femmes refusent de participer. La première, parce qu’elle a peur de Paro. La seconde, elle, « sait très bien que ce n’est pas un être humain », raconte Annie Fernandes. « Elle est au-dessus de ça, et du coup elle ne veut pas s’amuser avec lui, et parler avec un robot. »

§

Par : Louis Belenfant de France Bleu Saint-Étienne Loire
Lundi : 21 novembre 2016 à 18:08
Source article  : France Bleu
Source vidéo : LeParisienTV
Mise en page et commentaires : Lio de France / Dollsexy / 05.03.17

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France Cadet, le robot et l’art(ifice)

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Par ses installations multimédias, l’artiste française, scientifique de formation, met le public en relation directe avec les robots.

Qui ? Quittant la filière scientifique, France Cadet se tourne vers l’art pour explorer les possibilités de la robotique. Elle conçoit des installations et des dispositifs multimédias montrant la relation complexe et ambiguë entre le vivant et l’artificiel.

Quoi ? Les robots de France Cadet expérimentent des activités humaines et des plaisirs sociaux. A l’entrée de l’expo, un robot chat, assis devant un écran plat, regarde le film Le Monde de Nemo. Les évolutions du petit poisson suscitent parfois un geste, un miaulement. Une planche anatomique montre le squelette de l’animal. D’autres sérigraphies révèlent son système cardio-pulmonaire et digestif. Pour le découvrir, il suffit de gratter sa carapace robotique ou de lire le QRcode avec son Smartphone. Avec la nouvelle série de photos numériques et interactives Robot mon amour, France Cadet se met en scène sous l’apparence d’un gynoïde, mi-femme, mi-robot. En touchant ou en caressant certains de ces êtres hybrides, le spectateur peut provoquer un battement de coeur, un frisson ou le bruissement des ailes d’un papillon posé au creux d’une main.

Comment ? Elle utilise un robot chien du commerce, le Tiger & Silverlit, sur lequel elle pratique des actes de chirurgie électroniques, le reprogrammant afin de lui faire adopter des comportements singuliers pour un robot. Si elle aborde des thématiques sérieuses (le clonage, l’eugénisme, les expérimentations animales), France Cadet adopte un ton volontiers ironique.

Pourquoi ? « C’est à travers l’humour que s’opère le détournement. » Détournement de l’objet et du discours scientifique. Sans militer ni choquer, elle cherche à engager le débat avec le public par le jeu de l’interaction avec ses créatures.

§

Par : Thierry Voisin
le : 19.02.2015

Source : Télérama
Titre original de l’article : « France Cadet, moitié femme , moitié robot. »
En savoir plus sur France Cadet : cyber-doll
Mise en page et commentaires de Lio de France pour Dollsexy

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